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Psychologue ou ami ?

Qu’est ce que le psychologue fera de plus qu’un ami ?

« Je pète les plombs », « j’ai besoin de parler », « j’en ai marre de tout » « je suis si fatigué » « Pourquoi ça n’arrive qu’à moi ça ? » « Pourquoi je suis encore vivant, » « Je me sens si seul » « Personne ne me comprend »

Ces petites phrases entendues par tout un chacun peuvent recouvrir bien des états psychologiques.

De la simple fatigue à la dépression grave, de la frustration amoureuse à l’effondrement total des repères d’une vie, d’une inquiétude raisonnée à une angoisse panique…

En situation de crise, lorsqu’il est submergé, l’être souffrant a besoin de déverser une partie de cette souffrance afin de ne pas s’y noyer. Comme une vague déferlante, pour garder la tête hors de l’eau, il ressent la nécessité de s’accrocher à une branche. Malheureusement, il n’a pas toujours le temps de vérifier la solidité de cette branche.

Cette demande d’aide passe par une demande d’écoute ou seulement de présence, plus rarement par un réel besoin de conseils, d’apitoiement, même si c’est, parfois, ce qui est « formulé » à ce moment là .

La perception d’une situation intime d’urgence émotionnelle, amène à parer au plus pressé, c’est à dire à évacuer le surplus d’affects, souvent dans un flot de paroles mais pas toujours. En effet, il est important de détecter la souffrance profonde car les douleurs les plus profondes sont parfois muettes.

Inconsciemment, l’être en désarroi psychologique peut faire porter une partie du poids de son mal-être sur celui qui sera là , à ce moment là … en l’agissant (passage à l’acte) ou, mieux, en le parlant.

Mais, ce « confident », qu’il soit ami, conjoint, voire enfant, est-il assez fort lui-même pour aider à porter ce poids ? Est-il apte à prendre la mesure du problème ? Va-t-il identifier ce qui est de l’ordre du normal, de la crise ponctuelle, du pathologique ? Et est-ce son rôle ?

Ne va-t-il pas « penser » à votre place ? Ne va-t-il pas trouver ses solutions pour votre problème ? Et qu’en est -il alors de votre libre arbitre ? N’a-t-il pas lui-même ses propres valises à porter ?

Est-il souhaitable, à long terme, qu’il connaisse votre jardin secret, vos peurs, vos doutes, vos failles, vos désillusions ?

Va-t-il percevoir votre mal-être sans se sentir lui-même coupable, sans culpabiliser ?

Il est important de répondre à ces questions et à bien d’autres lorsque vous sentez que votre vie devient compliquée. Lorsque vous serez submergé par des émotions trop fortes, malheureusement ce ne sera plus le moment.

Il y a en fait, au moins deux inconvénients majeurs à repérer lorsque vous serez tenté de vous confier à l’une de vos connaissances. D’abord, sa place dans la situation, ses intérêts personnels, le type d’écoute qu’elle peut fournir, votre histoire avec elle et le schéma relationnel que vous avez entretenu (ami, collègue, conjoint, parent, fratrie…) peuvent anesthésier votre pensée.

Ces composantes relationnelles que vous avez construites parfois depuis votre enfance (parent, fratrie), peuvent empêcher vos capacités personnelles d’émerger à un tel point, que vous n’osez plus penser, que vous ne savez plus penser ou que vous ne vous donnez plus le droit de penser. Ces processus sont évidemment inconscients et donc, particulièrement difficiles à identifier par vous-même.

D’autre part, la première personne présente au moment de la crise, qu’elle le désire ou non, qu’elle en soit capable ou non, que cela soit son rôle ou pas, portera une responsabilité qu’elle n’a sans doute pas demandée.

Quels dangers pour quel confident ?

Dans certains cas, le “confident” prend (ou on lui fait prendre) un risque psychologique, non négligeable, d’être submergé aussi, à court ou moyen terme, selon sa propre histoire psychique.

Si le confident est un enfant, ce qui est fréquent dans les cas de parentification (l’enfant devient le “parent” de son parent), c’est la construction même de sa personnalité en devenir qui est en question.

Si le confident est un adulte de l’environnement habituel, sera-t-il assez impartial par rapport à ses propres besoins, ses désirs conscients ou inconscients, pour vous aider à retrouver votre indépendance psychologique sans demander une compensation symbolique en retour (ne serait-ce que de la gratitude à plus ou long terme) ? Comment faudra t-il rendre ce service ? A quel moment ?

Si le confident est un adulte inconnu, rencontré par hasard dans un café ou dans un forum internet, pourquoi lui conférer plus de « savoir » sur la question que vous même ? Une expérience similaire ne pouvant avoir de valeur que si c’est vous qui l’avez déjà vécue et non pas une autre personne n’ayant ni la même histoire, ni les mêmes attentes, ni la même éducation ou morale, ni les mêmes buts que vous.

Il est certain néanmoins, qu’une écoute tolérante et de la compassion sont indiscutablement utiles au niveau social et familial. Elles permettent un lien relationnel nécessaire pour le bon fonctionnement de la famille et de la communauté. De plus, elles permettent souvent de prévenir un passage à l’acte (délit, agression, suicide…) de consoler, de conseiller mais aussi d’aider l’être en souffrance à faire appel à un professionnel.

Cependant, que l’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit aucunement de psychothérapie dans ces cadres.

Ces types de relations familiales, amicales, sociales, pour être bénéfiques et constructives ne peuvent être que des béquilles ponctuelles (sauf cas extrêmes, relevant conjointement d’autres domaines).

Ecouter n’est pas entendre

L’action du psychologue thérapeute expérimenté est de proposer des moyens qui induisent chez l’usager demandeur des changements significatifs et durables.

Il ne s’agit pas de dire au patient ce qu’il faut qu’il fasse ou qu’il pense (comme les thérapeutes auto-proclamés ou les coachs de tous poils), mais d’écouter ce que l’être en souffrance a à dire.

Il ne s’agit pas d’écouter pour écouter, mais d’écouter pour que celui qui parle puisse aussi entendre ce qu’il dit vraiment, et comment il le dit.

Il s’agit pour le psychologue thérapeute de lui donner les moyens d’analyser ses lapsus, ses actes manqués, ses fantasmes pour mieux identifier ses besoins, ses désirs intimes et ainsi se comprendre et trouve le chemin sinon du bonheur, du moins de l’apaisement psychique.

Lorsqu’il se connaîtra mieux, l’usager saura ce qu’il désire changer ou pas de lui, ce qu’il devra apprendre à gérer, ce à quoi il doit être vigilant. C’est parce qu’il apprend de lui qu’il gagne en autonomie.

Le travail psychique spécifique qui se mettra en place grâce à la relation psychothérapeutique instaurée entre lui et le psychologue thérapeute lui permettra d’avancer dans toutes les composantes de sa vie.

PAR D. SERRANO FITAMANT PSYCHOLOGUE CLINICIENNE,
PSYCHOTHÉRAPEUTE, FORMATRICE SUPERVISEUR, FRANCE-ESPAGNE
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