L’ avarice , la générosité , le don , la dilapidation par exemple sont des termes qualifiant des comportements intimement liés au type de relations empreintes pendant l’enfance. Ces termes sont, de plus, à fortes connotations morales.

S.Freud a surtout théorisé le rapport entre l’argent et le stade anal. Les relations que l’adulte peut entretenir avec l’argent découle de son vécu pendant le stade anal notamment en ce qui concerne la valeur donnée, dans le couple mère/enfant, au boudin fécal. Cette partie détachable du corps de l’enfant est, en fait, sa première monnaie d’échange, et en la retenant (rétention/avarice) il se protège du danger fantasmé d’être vidé de sa substance.

Cependant, le stade oral, phase la plus primaire du développement de l’être humain est aussi important. Le nourrisson, se sentant particulièrement impuissant et dépendant, rêve d’un sein inépuisable, pourvoyeur permanent de lait, qui lui permettrait d’échapper au manque. Ce type de fantasmes se retrouve chez les personnes qui courent inlassablement après l’argent. Inconsciemment, l’argent est l’équivalent d’un sein fantasmé dans leur enfance.

La personne ayant accepté un certain nombre d’interdits (loi du père dans le complexe d’Oedipe), les limites imposées dans sa culture et sa société, est capable de trouver un espace pour ses désirs non pas en transgressant les règles mais en les faisant reculer. Ce point est particulièrement important dans le cadre de la maturité psychique.

Ces confrontations aux désirs de l’autre permet à la notion d’altérité d’être assimilée (complexe d’Oedipe/différence des sexes).

L’argent (instrument d’échange et de communication) va devenir le moyen de gérer, passer contrat, échanger, avec l’autre différent.

En acceptant qu’une chose, ou qu’une prestation ait un prix fixe, ni plus ni moins, on accepte que les autres ne soient pas régi par ses propres désirs.

On fait aussi le deuil de la toute puissance fantasmée de l’enfant.

(Lire aussi : « Pourquoi payer son psy ? » dans « A propos des psychologues et leurs pratiques » dans CIGAP.ORG)