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Le village

Dans les milieux éducatifs et médico-psychologiques la notion d’identité est souvent usitée pour expliciter tels troubles ou comportements affectant l’équilibre du sujet. En terme plus clinique nous parlerons de défaut d’identification voire de troubles identificatoires. Une telle notion, aussi commode soit-elle, nécessite et mérite d’être approfondie afin de donner un sens et du sens à la notion même de l’identité.

Si nous associons si souvent dans la clinique du sujet, le terme d’identité à celui des identifications c’est bien que ces dernières sont immanquablement intriquées dans la constitution de l’identité du sujet.

Une définition contradictoire

En nous référant au « Petit Robert », nous constatons une définition complexe et plurielle et parfois contradictoire.

En effet, selon ce dictionnaire, l’identité se définit par :

1.« ce qui fait qu’une chose est exactement de même nature qu’une autre », c’est donc la notion du même qui est convoquée, de l’identique.

2.« le caractère permanent et fondamental de quelqu’un, d’un groupe […]conviction d’un individu d’appartenir à un groupe social, reposant sur le sentiment d’une communauté géographique, linguistique, culturelle et entraînant certains comportements », ici c’est d’une part, le caractère intrinsèque tant singulier que collectif qui est énoncé et d’autre part, l’appartenance et adhésion à des normes et valeurs en lien avec la culture.

3.Et enfin, c’est un « ensemble de données de fait et de droit qui permettent d’individualiser quelqu’un », ici c’est la différenciation, l’individualisation qui prédomine.

En bref, nous pouvons dire, à partir de ces définitions, que l’identité se réfère à l’identique, au même, à l’unique, au collectif, à l’appartenance et enfin à l’individuation.

Ainsi, dans un premier temps, l’identité confère et convoque le même donc tout ce qui concerne l’état d’indifférenciation et de similitude ;

Puis dans un second temps, c’est l’appartenance à une Institution et l’union, la cohésion avec le groupe qui fonde notre identité ; et enfin l’individuation nécessaire à l’émergence d’une identité singulière.

Nous réalisons ainsi que la (les) définition(s) convoque(nt) des notions contradictoires et paradoxales. En effet, les éléments contradictoires relèvent du caractère unique/même, individuel/social et indifférenciation/individuation.

La constitution de l’identité évoquée par la contradiction entre unique/même renvoie, d’une part à ce qui permet de dissocier, de séparer soi/autrui et d’autre part si autrui joue toujours un rôle dans la constitution de l’identité c’est bien par les processus d’identification, de narcissisme et de liaison qu’il peut advenir comme sujet unique et singulier.

Quant à la contradiction apparente entre individuel/social, nous y voyons plutôt une certaine complémentarité nécessaire à la constitution de l’identité de l’individu.

Sans autrui pas de construction identitaire

ans autrui pas de construction identitaire car autrui joue toujours un rôle dans la constitution de la vie psychique de l’individu. Sans l’autre l’individu ne peut préexister si ce n’est à l’état de nature à savoir : « l’homme qui ne fait en rien partie d’une cité est ou une brute ou un dieu » (Aristote).

En ce qui concerne la relative opposition entre indifférenciation/ individuation, nous réalisons que le sujet unique, singulier et individualisé ne peut se constituer sans avoir au préalable vécue un état d’indifférenciation avec l’autre, avec les pairs.

Cette étape nécessite de pouvoir s’en dégager, de s’en séparer afin de tendre vers l’individuation.

Nous voyons que la contradiction entre indifférenciation/ individuation n’en est pas une mais plutôt une étape évolutive nécessaire à l’émergence du sujet.

L’identification

Ainsi l’identification permet l’assimilation d’une partie, d’un attribut, d’une propriété de l’autre, du même, nécessaire à la constitution de son identité propre. Identité rendue possible par la convergence entre le narcissisme et les identifications.

Or, pour que le sujet puisse advenir comme singulier, unique, un temps d’indifférenciation préalable est nécessaire avant l’avènement du « Je », évolution qui permet à l’individu de tendre de la fusion vers l’individuation.

A notre sens, l’identité c’est cette part qui constitue le sujet en tant qu’individu singulier et unique mais qui requiert des identifications avec Autrui et permet l’inscription du sujet dans la société et le groupe auquel le sujet adhère et appartient, tout en ne se perdant pas dans le seul regard de l’Autre, des Autres.

Ainsi, la valeur d’unicité ne prend sens que dans le rapport que le sujet entretient avec autrui, dans la place réelle ou fantasmatique qui lui est attribuée dans la société et dans le discours de l’autre. Un temps d’identification à l’autre est primordial pour se constituer une identité sous un socle solide pour tendre vers la singularité. Car comment se construire une identité sans point de référence, sans modèle préalable ?

D’autre part, la définition même de la notion d’identité outre la mise en exergue des identifications renvoi à une certaine plasticité, une certaine instabilité. Nous voyons que la tentative même de définir cette notion soulève des contradictions -apparentes – allons plus loin cette définition rend compte surtout d’une évolution dans la constitution de l’identité du sujet. Evolution qui trouve sa juste valeur dans l’évolution propre de l’individu.

L’identité à l’adolescence

La constitution d’une identité n’est pas obligatoirement une assurance de pérennisation.

En effet, comme nous pouvons le constater lors de l’adolescence, les repères identificatoires, notamment ceux des parents, sont mis à mal. L’adolescent doit affronter tout un remaniement libidinal et une problématique narcissique exacerbée qui remettent en cause « toute » l’unité du sujet.

PAR VICTOR HOANG, PSYCHOLOGUE CLINICIEN,
DOCTORANT EN PSYCHO-PATHOLOGIE CLINIQUE, FRANCE -VIETNAM
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