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Nous avons déterminé la relative opposition entre l’état de Nature et l’état de Culture par l’émergence de la prohibition de l’. Nous allons tenter de déterminer, de manière plus approfondie, les concepts de Culture et de Civilisation en nous appuyant sur les concepts psychanalytiques.

Conception de la Culture

Le terme de Culture du latin « colere » (habiter, cultiver ou honorer) suggère une action humaine, une insertion de l’homme dans le milieu naturel voire une maîtrise de l’espace. Cette conception va s’élargir dans une acception générale bipartie celle de : culture individuelle correspondant à l’acquisition de connaissances personnelles permettant l’émergence d’une culture générale et celle de culture collective renvoyant à l’identité d’un groupe, d’une collectivité, d’une société.

Quant au terme de Civilisation du latin « civis » (citoyen) renvoi à la cité mais dans une conception de progrès, d’état d’évolution d’une société.

Nous voyons s’y inscrire une notion plus élargie de la culture. En ce sens où la civilisation regroupe la culture collective et individuelle sous le couvert d’une société, espace régi par les lois.

Les termes de culture et de civilisation sont immanquablement intriqués de part la dimension de liens sociaux nécessaires à l’émergence du groupe, de la société.

Mais, pour que les liens sociaux puissent s’établir, l’individu doit passer d’une identité individuelle à une identité sociale.

Or, dans l’identité individuelle s’inscrit dès le départ, une assignation, une place bien particulière de l’individu au sein de la constellation familiale et sociale. Place que Castoriadis-Aulagnier P. (1975) nomme sous le terme de « contrat narcissique » qui assigne chaque à une place au fil des générations. Cette place est porteuse d’une assurance à perpétuer et à transmettre dans un ensemble social les idéaux et les valeurs communes à l’ensemble dans lequel le s’inscrit.

Ainsi, l’identité individuelle est déjà préalablement inscrite dans sa dimension sociale et familiale.

L’extérieur fait donc irruption, inscription à l’intérieur du sujet. De même l’identité sociale se forge à partir des individus qui composent la société. Chacun apportent sa contribution à cette identité sociale en construction. L’intérieur – par les membres qui la constitue et donc l’ensemble d’identités individuelles – transforme, adapte et modifie l’identité sociale du sujet. Autrement dit, « La réaction du « Je » implique une conception de l’évolution ou l’individu affecte son propre milieu aussi bien qu’il est par lui. » ( Mead, 1934)

C’est donc cette translation possible entre identité individuelle et identité sociale qui permet la constitution d’une culture collective au sein d’une civilisation donnée.

Nous pourrions dire que cette translation est la pierre angulaire permettant le passage de la Culture à la Civilisation.

Vers une conception psychanalytique

En tendant vers la culture et la civilisation, nous ne pouvons faire l‘impasse sur la notion de constitution du groupe. C’est dans le second modèle, Freud S.(1921), que cette notion est exposée.

Freud convoque ainsi l’identification comme la source du lien libidinal et intersubjectif.

Autrui revêt des caractères particuliers en tant que Modèle, Soutien et Adversaire.

Ce qui renvoie de fait à l’instauration d’autrui comme une référence et une identification structurante pour l’émergence du sujet. Mais une identification qui est habitée par l’ (/haine). Ainsi l’identification, sous- tendue par le lien libidinal, qu’entretiennent les membres, permet le passage de la horde au groupe.

Le lien libidinal est le princeps à toute constitution du groupe.

Freud S. va plus loin en stipulant, à travers deux « foules permanentes, artificielles, hautement organisées » que sont l’Eglise et l’Armée, l’idée que ces dernières n’existent que dans la mesure où prévaut la présence d’un chef.

Ainsi la constitution d’un groupe réside dans le lien libidinal et la présence d’un chef. On voit ainsi s’amorcer les mécanismes du fonctionnement social. Où l’identification apparaît comme la base du fonctionnement social en convoquant les instances idéales et le lien libidinal.

Et, enfin, le troisième modèle dans Malaise dans la civilisation (1929) exhibe le principe fondateur du groupe qui réside dans le renoncement mutuel à la réalisation directe des buts pulsionnels. Principe qui garantit au sujet une place dans le groupe et, d’une façon plus élargie, dans la société.

Culture et Civilisation : indissociable

L’ouvrage « Malaise dans la civilisation » relève surtout le caractère indissociable entre Culture et Civilisation.

La civilisation « désigne la totalité des œuvres et organisations dont l’institution nous éloigne de l’état animal de nos ancêtres et qui servent à deux fins : la protection de l’homme contre la nature et la réglementation des relations des hommes entre eux » (Freud S., 1929).

La réglementation renvoie à l’instauration de droits et de devoirs que tout être socialisé doit être à même de respecter afin d’éviter toute régression à l’état de nature. Etat de nature où seuls les rapports de force et les pulsions primitives s’exhortent. C’est donc trouver pour la communauté « un équilibre approprié, donc de nature à assurer le bonheur de tous, entre les revendications de l’individu et les exigences culturelles de la collectivité » (1929)

Or, aucun système social n’est parfaitement intégré, les individus qui le constituent peuvent plus ou moins être à même d’assumer et remplir leurs rôles. D’autre part, un système social ne peut-être totalement désintégré en ce sens où les individus qui le constituent sont plus ou moins socialisés. Ce sur quoi, Parsons T. conclut que tous les systèmes sociaux sont imparfaits et que de ce fait peut apparaître le changement.

Changement rendu possible, comme le soulève Reynaud J-D, par le processus de régulation qui est en jeu dans l’élaboration et la constitution des règles. C’est-à -dire que l’émergence des règles instituées se confronte inévitablement aux rapports (conflits, compromis, ententes, intransigeances…) qui se lient dans et entre les groupes sociaux.

Il va s’en dire qu’aborder la culture et la civilisation convoquent les notions tels que la société, les individus, le groupe et l’identité. De fait, étudier les liens sociaux c’est aborder les différents niveaux dans lesquels ils se présentent sans les isoler de la société globale où ils sont vécus et en prenant en compte les investissements qu’ils impliquent. Car il n’y a pas de lien social qui puisse être saisi hors des dynamiques groupales, individuels, sociales, sociétales.

PAR VICTOR HOANG, PSYCHOLOGUE CLINICIEN,
DOCTORANT EN PSYCHO-PATHOLOGIE CLINIQUE, FRANCE -VIETNAM
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